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    Modules > Religions grecque et romaine : notions et méthodes > Polythéisme et anthropomorphisme

    Entre hommes et dieux : les empereurs romains

    À Rome et dans le Latium, les cultes héroïques sont très rares. Le concept de « héros » semble étranger à la culture romaine et les éventuels cultes héroïques sur le sol latin font référence au monde grec (culte d’Énée à Lavinium, culte d’Hercule à l’Ara Maxima). Cela ne signifie pas que, entre le monde des dieux et celui des humains, il n’y ait aucun contact. Certains humains, en effet, deviennent de vraies divinités d’en haut (divi). Il s’agit de certains empereurs et membres de la maison impériale qui, à la fin de leur vie, montent au ciel (consecratio). La cérémonie d’apothéose met en scène ce passage de façon spectaculaire. Des prêtres s’occupent du culte de ces nouveaux dieux; des fêtes commémoratives en leur honneur sont ajoutées au calendrier liturgique.

    Comment les Romains pouvaient-ils croire à cette divinisation?

    Tout d’abord les vertus de l’empereur comme le numen (sa volonté divine) et le genius Augusti (la divinisation de sa personnalité avec ses qualités innées) sont divinisées dès son vivant. Ensuite, la limite entre l’humain et le divin n’est pas marquée, dans la culture romaine, de façon nette et fixe, comme elle l’est pour nous. Le passage d’un monde à l’autre et d’un statut à l’autre est admissible puisque la nature humaine n’est pas considérée comme absolument différente de la nature divine : l’homme fut crée par un germe divin ou céleste, explique Ovide (Métamorphoses, I, 78-81).


    Bibliographie pour la fiche
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