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    Module > Femmes et vie publique à l'époque hellénistique > En public, au service des dieux

    Femmes et festivals religieux

    "[---pour le festival des De]metria, que les femmes ne portent ni bijoux en or d'un poids supérieur à une obole, ni vêtement chamarré, ni pourpre; qu'elles ne se fardent pas et qu'elles ne jouent pas de flûte : si l'une d'elle ne respecte pas ces prescriptions, que le sanctuaire soit purifié comme si la coupable avait commis une impiété."
    Plaque, Dymé, IIIe s. av. J.-C.

    Ce fragment de règlement relatif au culte de Déméter concerne les fêtes de la déesse, les Demetria : les femmes qui célébraient les Demetria devaient observer des règles de pureté rituelle liées à leur tenue vestimentaire. D'autres règlements cultuels hellénistiques présentent des clauses analogues : étaient interdits aux fidèles féminines les bijoux d'or, les robes brodées, les coiffures savantes, le maquillage.

    Cet extrait de règlement nous informe sur trois éléments :
    - le dépouillement rituel caractéristique des cultes de Déméter;
    - la participation des femmes aux festivals religieux hellénistiques;
    - la tenue vestimentaire des femmes grecques.

    Les festivals religieux constituaient pour les femmes grecques la principale occasion de sortie. Des documents hellénistiques montrent que les femmes pouvaient non seulement suivre les processions et les sacrifices, mais aussi assister aux concours liés aux festivals religieux et prendre part aux banquets publics qui les clôturaient. On doit cependant supposer que les femmes ne mangeaient pas aux côtés des hommes, mais dans un espace séparé. De même, lorsqu'elles étaient autorisées à assister à des spectacles ou à des jeux, elles étaient normalement reléguées dans les derniers rangs des gradins alors que les hommes occupaient les rangs inférieurs.

    Les occasions de sortie des femmes grecques étaient limitées et réglementées. Toutefois, le règlement rituel présenté ci-dessous révèle que lorsqu'elles apparaissaient en public, les femmes grecques se vêtaient de leurs plus beaux atours. Une telle fantaisie, en désaccord avec la pureté rituelle, peut expliquer pourquoi les règlements religieux grecs se sont davantage attardés sur les interdictions liées au costume féminin que sur celles liées au costume masculin.

    Cependant, on ne saurait nier que derrière les préceptes religieux se dissimulait un contrôle social sur les femmes. Dans la société antique, les festivités religieuses - indissociables des festivités civiques - offraient aux femmes les meilleurs prétextes pour sortir de leur demeure. Réglementer leur apparence en ces occasions revenait à dire à quelles conditions les hommes les autorisaient à occuper l'espace public.




    Bibliographie
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