UniFR Logo
    Module > Naissance et petite enfance à l'époque romaine > La mort de l'enfant

    Epitaphes d'enfants

    Hic ego Siculina, minus bima, crudeli funere operta
    ante dedi matri et patri luctum qua bracchia circum
    darem, quam grata fuerim matri aut patri.


    "Je suis ici Siculina. je n'avais pas deux ans que la cruelle mort venait déjà m'ensevelir. J'ai donné du chagrin à ma mère, à mon père, avant d'avoir appris, même, à les embrasser, et d'avoir fait plaisir à ma mère et mon père".
    CIL VI 26544 (trad. D. Porte, Tombeaux romains. Anthologie d'épitaphes latines, Paris, 1993, 112.)


    Au-delà des formules convenues, les épitaphes funéraires d'enfants traduisent le profond attachement des parents.L'âge du défunt est souvent indiqué avec une grande précision. La durée de sa brève existence est donnée en années, mois et même jours. La petite Visellia Firma d'Avenches vécut ainsi "un an et 50 jours", Verduccius Ursulus de Nice "deux hivers, six mois, dix-neuf jours", l'écolier Petronius "dix ans, deux mois et deux jours".
    CIL XI/2, 6435.

    Des épitaphes sont aussi gravées pour de très jeunes enfants. Un nourrisson aura vécu "un petit bout d'année", annuclus (CIL VI 35126), le bébé de Telesphoris, six mois et huit jours (CIL XIII 7113), la petite Siculina à peine deux ans, minus bima (CILVI 26544). Cette comptabilité minutieuse exprime l'intensité et le caractère inoubliable des instants partagés.

    Des épitaphes s'inspirent de textes littéraires. Des parents pleurent leur fils en reprenant des vers de Virgile: "Voici qu'à mon âge tendre, je suis gisant, éternel objet de larmes, parce que soudain, devant les yeux de mes parents, je leur ai infligé un deuil amer" (CIL VI 23818).

    Diverses expressions expriment le chagrin des parents. L'inscription est dédiée à un enfant dont les nombreuses qualités traduisent leur douleur. Bene merens, dulcissimus, carissimus, pientissimus ou piissimus sont les épithètes les plus fréquentes. Bene merens souligne l'harmonie de la relation familiale; l'enfant était attentionné et obéissant.Pour les enfants plus âgés, cette qualité peut être évoquée par les termes piissimus ou pientissimus qui évoquent sa pietas, son dévouement à ses parents, et l'espérance qu'il représentait pour eux. Carissimus et dulcissimus ne sont pas parfaitement synonymes. Carissimus désigne un enfant chéri, dulcissimus un enfant très doux et très tendre.



    Bibliographie
Antiquit@s ist ein Projekt des Swiss Virtual Campus - Kontakt : sandrine.codourey(at)unifr.ch & Centre NTE - Université de Fribourg - Suisse